08/10/2007
Mauvaise foi
"Aucune étude scientifique ne permet de trancher, ce sera donc au politique de le faire".
C'est à peu près la dernière phrase du reportage consacré aux OGM, ce soir dans Complément d'enquête. Il vient de se terminer.
Consternant de parti-pris. Les anti-OGM ? Des guignols violents (ils arrachent les pieds de maïs), qui écrivent des lettres anonymes dans lesquelles on peut lire des inepties sur, je cite, le "Grand Satan américain". Des fois, ils sont sympas, comme ce vieux sage du Larzac (Jean-Baptiste Libouban, caricaturé en sous-Gandhi heberlué) qui vit dans une communauté sans électricité.
Bourré d'erreurs factuelles (les premiers fauchages dateraient ainsi de... 1988) et de raccourcis.
Cette dernière phrase, tiens, qui claque. Il y a décidément des journalistes qui n'iament pas la science. Des études ? Il s'en est publié des dizaines ces dernières années. Certaines sont rassurantes, beaucoup le sont moins. On peut contester ce qu'elles disent, on peut s'interroger sur leurs éventuelles limites. Mais on ne peut pas dire qu'elles n'existent pas.
Assez classiquement, le reportage désignait les camps en ces termes : la rigueur et la raison chez les agriculteurs pro-OGM, la religiosité et l'irrationnel chez ceux qui s'y opposent. Je pense à ces deux minutes caricaturales où l'on découvre deux braves paysans filmés en péquenots, avé l'accent du coin, et dont on ne conserve de ce qu'ils auront dit que ce qui vérifie la thèse du reportage : les ploucs sont des ploucs, sauf s'ils prennent le train de la modernité...
Et pourtant : si le doute est la première vertu d'un esprit scientifique, on le devinait bien davantage chez ces deux là que dans les affirmations de foi - de dogme - des prêcheurs de technologie.
23:55 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, complément d'enquête, benoit duquesne, france 2
05/09/2007
Grenelle de l'environnement : poudre aux yeux ?
Diversion et grossière mascarade pour les uns ; outil à investir, et première victoire pour ceux qui en avaient réclamé la tenue (l'Alliance pour la planète). Les Verts, il faut bien le dire, ont paru coincés entre deux tentations : une communication d'abord très critique, essentiellement centrée sur ce qui manque (et il y a évidemment à dire), mais des militants, des élus, des personnalités vertes qui, à des titres divers, se sont engagés dans le dispositif, déterminés à y gagner tout ce qui pourra l'être. Et la mouvance écolo n'est même pas si divisée : la plupart des ONG participent au Grenelle.
On ne fera pas d'écologie sans les écologistes, avons-nous souvent dit. Il faut donc dénoncer la manoeuvre, dévoiler l'illusion. Le Grenelle ? Ce sera de la cosmétique, pas de l'écologie. Pas sûr qu'un tel discours nous apporte mieux que notre propre estime, alimentée par notre certitude avant-gardiste d'avoir raison. Pas d'écologie sans les écologistes ? L'inconvénient de la formule n'est pas seulement que soyons peut-être seuls à le penser, mais encore que la question semble désormais ne même plus se poser. C'est ce qui fait mouvement qui donne le ton, et le mouvement est aujourd'hui à l'Elysée.
Ni naïfs, ni sectaires. C'est pour moi la seule option tenable. Jouer le jeu, sans illusion. Pointer les contradictions (et interroger par exemple le crédit d'impôt aux propriétaires, qui ne prévoit même pas la plus modeste éco-conditionnalité), mais sans endosser le rôle du juge ou du flic. Ne pas se condamner à dire demain : trop de ceci, pas assez de cela, mais énoncer, dans ce contexte que nous n'avons pas choisi, ce qu'il faudrait faire. Pas pour donner des idées au gouvernement, mais pour parler aux français. Retrouver l'initiative, plutôt que de s'en tenir au rôle assigné par le scénario sarkozyste à l'opposition : celui du commentateur impuissant, déchu, immobile.
20:04 Publié dans Débats publics, Gauche(s) et droite, La vie des Verts, militantismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, grenelle environnement, les verts, ogm, nucléaire, alliance pour la planète
04/06/2007
Rions un peu (beaucoup) avec Eric Besson
Je n'avais pas eu le temps, au cours de la campagne présidentielle (faut dire, j'étais un peu occupé), de lire l'ouvrage d'Eric Besson (qui a désormais sa notice chez Wikipedia). Bon. On a beau ne pas vouloir hurler avec les loups, s'abstenir d'employer les mots faciles (rénégat, traitre, judas recompensé par un strapontin...), ça m'a été difficile de débourser les 12,90 € du livre.
Pas de regrets toutefois, parce qu'on y rigole bien, finalement, dans cet entretien avec le journaliste Claude Askolovitch (qui s'était expliqué de tout cela). Et on y apprend au fond bien plus de choses sur Besson lui-même que sur Ségolène Royal. Beaucoup a été dit : orgueil blessé, revanche et ressentiment, réponse aux mauvais coups... Reste ce que le livre dit des idées de Besson, celui qu'entre 1997 et 2002, nous appelions l'autre député Cogema (le premier ? C'était lui).
Rions un peu, donc, avec cet émérite cas d'école de la gauche qui se pense moderne, de cette gauche des cheminées d'usine relookée fabulous eighties ; avec ce grand ami du nucléaire, de la science et du progrès qui progresse.
00:29 Publié dans Energie(s) & Climat, Gauche(s) et droite, Nucléaire, OGM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Eric Besson, ségolène royal, gauche, nucléaire, OGM, EPR
04/11/2006
OGM : violences, destructions, meurtres. Loin d'ici...
OGM ou sans OGM, la viande qui pousse en Europe ? Les vaches du voisin, là, juste à côté de mon assiette, elles mangent quoi ? J'ai déjà parlé de ces questions, qui sont entrées dans le débat public il y a quelques années grâce notamment au travail considérable de Greenpeace (en particulier du grand Arnaud Apoteker, l'un de ceux qui, longtemps dans le désert, a alerté parmi les premiers sur les résultats réels des plantes GM là où on les cultivait à grande échelle, en Argentine par exemple).
En revanche, j'ai assez peu évoqué ici le travail qui m'occupe depuis une bonne année maintenant, et que je dois terminer d'ici la fin du mois. Le problème est simple : les consommateurs - français et européens - veulent des produits sans OGM (le succès du guide des produits avec ou sans OGM, édité par Greenpeace, en témoigne), mais les animaux des cheptels européens (comme du reste du monde) sont notamment nourries de soja génétiquement modifié, sans que - magie de règles d'étiquetage très incomplètes - le consommateur ne puisse le savoir (sauf, bien entendu, à consulter régulièrement son petit guide de Greenpeace). Question : si une région, qui s'est inscrite comme plus de 170 autres régions d'Europe, dans le mouvement des régions sans OGM, veut mettre ses actes - et ses produits agricoles - en conformité avec ses engagements et ses principes, elle fait comment, très concrètement ?
16:45 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, environnement, politique, écologie, greenpeace
03/11/2006
OGM : et maintenant, décontaminer ?
Très intéressant article du Courrier des Balkans sur la croissance anarchique des cultures de soja génétiquement modifié en Roumanie, sur les difficultés de contrôle par les pouvoirs publics roumains et sur les questions que tout cela pose à l'Union européenne. Je cite cet extrait (la suite est là) :
Cette année, en cultivant près de 130 000 hectares de soja génétiquement modifié, la Roumanie est devenue le plus grand producteur d’OGM en Europe selon Greenpeace. Une grande quantité du soja génétiquement modifié est issu de semences sans identification ni traçabilité Pour les experts, la Roumanie gâche ainsi ses chances potentielles de développer une agriculture biologique pour le marché européen. (...)
19:15 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, roumanie, contamination, europe, gmo free regions, environnement
Le Génie Helvétique
Vous êtes à Paris dimanche ? Vous pourrez assister, heureux veinards, à la projection du documentaire "Le Génie Helvétique", film documentaire de Jean-Stéphane Bron. C'est à 14H30 au Cinéma des cinéastes (7 Avenue de Clichy, dans le dix-septième arrondissement).
Parmi les héros de ce thriller parlementaire, la députée Verte Maya Graf. J'ai eu la chance de la rencontrer à Berlin, en janvier dernier, au cours de la deuxième conférence européenne des Régions sans OGM. Membre de la délégation helvétique à la Conférence, elle était là, quelques semaines après le référendum victorieux qui a vu la Suisse devenir officiellement - et par le choix direct de ses citoyens - un pays libre d'OGM. Ce jour-là, nous étions quelques-uns à nous dire que l'Union européenne devrait demander son adhésion à la Suisse...
15:25 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, suisse, gmo free, documentaire
01/11/2006
Soja non OGM ?
Les assiettes européennes contiennent peu d'aliments génétiquement modifiés. Ce constat ressort d'un rapport de la Commission européenne sur l'application des règles de commercialisation des OGM. "Il y a actuellement peu de produits alimentaires génétiquement modifiés sur le marché européen et ceci est lié à des facteurs tels que la demande des consommateurs et la disponibilité, plus qu'à la nouvelle législation européenne", selon Bruxelles. Depuis la mise en place de nouvelles règles d'autorisation de mise sur le marché en 2004, une dizaine de variétés d'OGM ont été autorisées, principalement du maïs destiné à l'alimentation humaine ou animale. La Commission a noté que la présence d'OGM était "plus répandue" dans l'alimentation animale.source : www.agriculture.ch
16:08 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, soja, nutrition animale, alimentation animale
08/09/2006
Tiens, atomique & génétique…
07:25 Publié dans Energie(s) & Climat, Nucléaire, OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : EPR, PS, OGM, contaminations
04/09/2006
OGM : contaminations prouvées en France, projet de loi toujours reporté
L’idée : autour d’une parcelle emblavée en maïs OGM, on a ensemencé trois autres (situées respectivement à 15, 95 et 305 mètres) de maïs conventionnel. Résultats sans appel au stade de maturité : des taux de contamination jusqu’à 0,3 %.
13:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, projet de loi, contaminations, pollution génétique, maïs









