13/09/2007

La gauche Clémentine Mélenchon (2)

Elle se fait, cette semaine, tailler un costard. Chez Franck, d'abord, qui commente un texte invraisemblable qui circule ces jours-ci sur Internet et selon lequel, en gros, le Grenelle de l'environnement est l'élément d'une vaste (et secrète, sinon ça ne veut rien dire) conspiration mondiale visant à déchoir l'écologie en alibi du capitalisme.

 

La thèse de cet article ?
Il existe un plan global visant "à la prise en main par le business international des questions écologiques". Le gouvernement français, en ouvrant le Grenelle de l'Environnement, en limitant les participants aux associations les plus dociles, ou aux personnalités qualifiées les plus médiatiques et/ou les moins compétentes, ne vise qu'à se plier à ce plan global. Conclusion de l'article, j'en n'en change pas un mot :

(il faut un référendum sur une série de moratoire), Cela montrerait que l'on est encore en démocratie, et non dans une ploutocratie où le vrai pouvoir est aux mains du business, et où l'Etat est à son service. Mais ce serait sans doute bien trop dangereux ...


La gauche Clémentine Mélenchon (ou gauche des cheminées d'usine, et je me promets d'en inventer d'autres, des sobriquets affecteux comme ça...) est également au casting de l'éditorial de Philippe Val cette semaine, dans Charlie Hebdo.

Déclaré traître droitier par ceux qui trouvent moins de  charme à Charlie Hebdo depuis qu'il se vend bien (ce qui est suspect) et que son patron passe à la télé (ce qui est coupable), Phiippe Val, donc, revient sur sa présence à l'université d'été du Medef. Peu importe ce qu'il a pu y dire car, comme chacun sait, l'essentiel c'est de participer. Régulièrement dézingué par les prêtres, archevêques et cardinaux de ce qu'il faut bien penser à gauche (de la gauche), dénoncé comme un social-traître petit-bourgeois sur d'innombrables sites Internet aussi confidentiels que dogmatiques, Philippe Val a cette fois gravement déchu.

On a donc étrillé Val, ici et par exemple. Dans son édito, il répond. Et ça donne (notamment) ça, à propos de sa rencontre avec Olivier Cyran, ancien de Charlie et présentement animateur du webzine CQFD :

 

"Toujours en forme, discrètement bronzé, il m'aboya quelques questions qui contenaient déjà les réponses, dans le genre "maintenant que tu es vendu au grand patronat, est-ce que tu ne crois pas que tu es vendu au grand patronat ?

(...) Je veux rendre hommage à Cyran qui, depuis des années, consacre une grande partie de sa vie à surveiller mes dérives et à les dénoncer sur des sites Internet qui sauvent le monde en publiant des listes de traîtres.

(...) Ö naïveté... J'avais encore une fois oublié que la démocratie consiste à ne dialoguer qu'avec les gens d'accord avec nous.(...) Ainsi, moi qui suis censé être de gauche, je dois considérer que parler avec les patrons, c'est comme parler avec des fascistes." 

 

La gauche Clémentine Mélenchon n'a pas fini d'hurler à la trahison, c'est à peu près certain. Les listes de traîtres, de suspects de ralliements ou de simple mollassonnerie ; les listes de celles et ceux que le bureau politique de l'alter web jugera pas assez ceci ou trop cela vont s'allonger. Je me demande si je ne vais créer une rubrique rien que pour ça, tiens...