11/10/2007
Best of ? (Avant quelques jours - semaines - de silence...)
C'est la centième note de ce blog. Cent notes, entre les trous d'air et les longs silences. Beaucoup d'oubliable, écrit sur le coup. Des coups d'essai. Et quelques trucs que j'aime bien, collés ci-dessous. Pour la centième, un florilège.

C'était le 29 mai 2006, à propos d'un supplément de Libération audacieusement titré "Vive le pétrole cher !" :
Enfin un journal généraliste parle de ce qui, dans les replis de la société d'aujourd'hui, contribue à inventer celle de demain. Elle devra être plus économe, sobre, autonome. Moins accro au pétrole, à la bagnole et au mythe du toujours plus d'énergie, à toujours moins cher. Et ce n'est pas triste ! C'est une chance pour bouger ce vieux monde. Ce sera difficile (...) . Mais si on fait un pas de côté, qu'on décolle le nez du spectacle dérisoire de l'actualité en boucle, on devine une perspective, là. Elle est discrète, fragile, mais elle est là.
C'était le 12 juin 2006, à propos d'un numéro d'Eclectik avec le dessinateur Manu Larcenet :
Un auteur qui dessine et un auteur qui parle, c'est pas toujours pareil. Larcenet touche juste quand il parle de ses personnages, quand il évoque la fierté ouvrière du passé, quand on comprend bien qu'au fond, syndrome Bovary-Flaubert, il est lui-même un peu des personnages qu'il raconte. Ses paroles sur le militantisme et l'engagement sont moins convaincantes. Férocement individualiste (pas au sens "égoïste" du terme, bien au contraire, mais comme expression de la réticence au collectif), Larcenet semble parler la langue, hésitante, de l'époque : des citoyens concernés par - et souffrant des - mouvements du monde, mais ne souhaitant pas forcément s'y engager. Il y a là une question qui doit s'imposer à la politique : comment (re)construire du collectif dans des sociétés où l'individuation a pris tant d'emprise. Ce n'est pas forcément un mal, du reste, mais c'est une donnée nouvelle, qui oblige à faire émerger de nouvelles formes d'engagement et de lien.
C'était le 16 juin 2006, après la diffusion d'un reportage d'Envoyé spécial sur les extensions capillaires :
Il faut garder la mémoire de ce genre de choses. Que les générations futures comprennent que, malgré l’impact du transport aérien sur le changement climatique, des hommes ont trouvé utile de faire voyager, au début du vingt-et-unième siècle, des mèches de cheveux par avion, de l’Italie à l’Inde, de la galerie marchande aux ateliers de sous-traitance de l’économie globalisée. Tout cela pour que Cameron Diaz et quelques milliers de femmes dans le monde puissent se faire pousser des cheveux longs en trois heures, dans un salon de coiffure à Paris, New-York ou Rome…
C'était le 22 juin, à propos de cet air de la France éternelle entonné par ceux qui n'aiment pas la repentance :
J'aime mon pays, probablement comme beaucoup de monde. Et je n'aime pas l'idée de laisser l'amour de la République et de la mémoire nationale à ceux qui n'en voient la grandeur que dans celle des cimetières et des champs de bataille. Mais pour retrouver le goût de cela, des jardins d'enfant et de la mémoire commune, je vais plutôt écouter Trénet (et Carte de séjour) chanter Douce France. Et j'essaierai, modestement, d'admettre les ambiguïtés de ce pays. Pas pour l'aimer moins, mais pour l'aimer sans être sourd ni aveugle.
Le 8 août, énervé par la colère et par Alain Krivine :
Entendu ce matin sur Inter Alain Krivine nous expliquer que la condition d'une dynamique d'union de la "gauche anti-libérale" (les gentils), c'est que le PCF, notamment, clarifie sa position quant à sa participation à un gouvernement dirigé par le PS (les méchants : ils mangent les enfants de la classe ouvrière le soir au fond des bois). (...) Je me demande s'il y a enocre, quelque part dans le monde, un autre pays où, parmi les candidats à la magistrature suprême, on trouve, comme lors de l'élection présidentielle de 2002 en France, trois candidats trotskistes (Laguiller, Besancenot et Gluckstein), c'est-à-dire se réclamant du fondateur de l'Armée Rouge (...).
Le 2 septembre, en racontant un retour de Fribourg-en-Brisgaü, ville solaire et capitale du développement durable :
Fribourg n'est pas un inaccessible paradis, une utopie étrangère, si radicalement lointaine qu'elle ne pourrait inspirer, ici, notre action. (...) Ce qui se fait là-bas, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière française, dessine les contours d'un demain vivable : maisons passives, capteurs et panneaux solaires, toits végétaux... Ce qui se fait là-bas, et qu'on ne voit pas vraiment pas ici. (...)
La difficulté n'est pas technique, elle est de l'ordre de l'imaginaire. On sait faire, même si on l'ignore. Il va falloir apprendre. Pour sauver la planète, bien sûr, parce que nous n'en avons qu'une. Mais aussi parce que ce sursaut d'imagination, cette aspiration à l'audace, nous aidera, bien humblement mais très essentiellement (au sens de ce qui est essentiel), à réussir nos vies dans le siècel à venir. (...) Le tout avec modestie, en sachant qu'on va bricoler plus qu'imposer, tâtonner plus qu'éclairer. Parler, construire ensemble, nos vies comme nos maisons.
Le 30 mai 2007, après une longue pause de ce blog, liée à mes fonctions au cours de la campagne présidentielle :
Alors ? Le pire serait de rejouer l'après 2002, la gauche qui ne bouge pas, n'entend rien et attend. Ce pays a visiblement envie que ça bouge, même s'il a choisi la mauvaise direction. A la gauche - et en particulier aux écolos - de se montrer à la hauteur de cette attente. Comme Franck, je suis persuadé que ça ne se fera pas par la pavlovienne répétition des vieux slogans. Mieux : je suis convaincu, c'est ma seule certitude, que les cinq années qui viennent vont être - si nous savons y faire - passionnantes. Politiquement et intellectuellement. Parce que tout est à repenser, à reconstruire, même si le mot est déjà, trop vite, galvaudé. (...)
Il faudra travailler, beaucoup, pour oublier les automatismes et les réflexes conditionnés. Coup de barre à gauche ? Blairisme à la française ? Modèle suédois ? Solutions de facilité. On ne fera pas l'économie des chantiers ouverts par la défaite par la simple transposition de recettes éprouvées : il faudra d'abord penser. Je repense à une phrase de Patrick Viveret, que j'ai déjà citée sur ce blog : "le degré actuel d'accélération des changements écologiques, économiques, géopoloitiques et culturels est considérable. Les "cadres pour penser ces bouleversements sont inadaptés. Il faut donc se placer en position d'écoute, d'humour et d'humilité. Or que voit-on ? De l'arrogance, des certitudes, des vieux langages".
Le 17 juin dernier, moins d'une heure avant les résultats du second tour des élections législatives :
Pour la gauche, pour l'écologie. Je suis, comme Franck, souvent fâché contre cette gauche qui nous fait perdre ; chaque jour davantage, je me sens d'abord écolo avant d'être de gauche. Surtout, je me sens de moins en moins de connivence avec les réflexes conditionnés de la gauche gouvernementale, décidément trop paresseuse pour vouloir comprendre les raisons profondes de son (de notre) échec, comme de la gauche radicale, toujours soucieuse d'être à l'avant-garde, superbe éclaireuse qui n'éclaire personne et que plus rien n'éclaire, guère préoccupée de parler à la société telle qu'elle est. Il ya tout cela, oui. Mais, quoiqu'il en soit, c'est à gauche que j'habite. C'est avec la gauche que les écologistes peuvent passer des alliances, et ce sont les espérances historiques des gauches - la solidarité, la démocratie, la justice, la paix - que l'écologie, si elle veut être l'humanisme du siècle, doit prolonger.
(...) Même si la déroute annoncée devait ce soir être moindre (et tant mieux), le pire serait de voir là un réconfort, quelque chose comme : c'est vrai, nous avons perdu, mais pas tant que ça, inutile donc de tout mettre par terre. Et pourtant : perdre à 49 ou 42, qu'est-ce que ça change vraiment ? Nous voulons gagner ? Il va falloir mettre pas mal de trucs par terre. Et reconstruire du plus solide. Du durable.
Le 3 septembre, veille de l'entrée en maternelle de mon loupiot :
Je sens ce soir le parfum si particulier des veilles de rentrée, ce que je ressentais plus jeune, quelques heures avant d'aller dormir. Ces soirs où l'on mange plus tôt (disons, on tente de), où l'on vérifie mille fois ses affaires du lendemain. Où l'on va préparer une demi-douzaine de réveils, pour être bien sûr de...
Où l'on se dit que, demain matin, la cour du lycée sera pleine de promesses.
Ce soir, il y a quelque chose de cela dans l'air qui se balade. Demain, je vais devenir parent d'élève. La première fois.
Le 14 septembre, à propos du malaise de la gauche :
Le malaise ? Il suffit d'écouter pour le constater. Se rappeler aussi, c'était il n'y a pas si longtemps, tous ces électeurs de gauche qui, finalement, ont choisi de voter Bayrou le 22 avril. Entendre le scepticisme qui ronge, le désarroi face aux proclamations identitaires comme aux conversions subites. Car, en réponse à ce malaise, certains socialistes jugent bon de jeter le bébé avec l'eau du bain (et la baignoire). Puisque, disent-ils, vous dites que nous nous sommes trompés parfois, nous allons changer d'avis sur tout.
Il y a deux manières d'éviter la douleur du diagnostic. Faire comme si de rien n'était, en revenir à la gauche d'avant-hier pour répondre aux enjeux de demain. Ou, tout bêtement, considérer qu'être de gauche n'est qu'une façon plus funky de concevoir et de mener une politique de droite.
Une autre manière d'être à gauche commence sur le chemin, étroit et rocailleux, où l'on se défait de ces deux fardeaux.
Il y a quelques jours, enfin, à propos du refus de Cécilia Sarkozy de témoigner devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares :
Sarkozy, moderne ? Assurément pas. Il s'est arrêté au milieu du gué : son sportwear est volé à Kennedy, mais sa suffisance brutale est empruntée au Balladur que, du temps de sa splendeur, on croquait en chaise à porteurs.
Ringard.
Bande son : Alain Souchon, En collant l'oreille sur l'appareil.
13:05 Publié dans Blog, Débats publics, Gauche(s) et droite, y a pas que la politique dans la vie ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gauche, écologie, PS, politique, environnement, sarkozy, cécilia sarkozy
10/10/2007
Voynet, Grenelle de l'environnement
Dominique Voynet a relancé son blog. Tant mieux. Et elle explique son absence de quelques mois avec des mots très justes :
J’ai pris mon temps, après une campagne pour les élections présidentielles, dont le résultat décevant, quoique prévisible, m’a paru violent, au regard de l’intensité et de la solidité de l’engagement de tant de gens… Il nous faudra y revenir, regarder de près ce que ça dit de l’état de la société française, et de l’usure des outils collectifs, qui n’ont pas joué leur rôle. Partis, syndicats, associations, médias, sont violemment interpellés par ce vote.
J’ai tendance à me méfier de ces gens qui ne se posent jamais, et ne sont jamais fatigués, qui ne prennent que dix jours de vacances, pour écrire entre deux footings un livre dans lequel ils étrillent la terre entière, et expliquent qu’on en serait pas là si on les avait écoutés. J’ai pris du temps pour moi, pour lire, pour rêver, pour me remettre en forme ; j’en ai consacré à mes amis et à ma famille, notamment à la plus jeune de mes filles. Ca m’a fait du bien de déserter les salles de meeting et le bureau du Sénat pendant quelques semaines.
Vous connaissez beaucoup de responsables politiques qui, comme ça, disent ce qui d'ordinaire ne s'avoue pas, jamais ?
Comme un écho à ce qu'écrit Yasmina Reza : "Ils font, font, font. Des déplacements, des émissions de télé, des discours, des choses à ne pas faire, des rencontres, des erreurs, des repas, des mesures, des livres aussi, des programmes, des sourires. Ils font tout ça au pas de charge. Ils en sont fiers. C'est si bien d'aller si vite. (...) Mais est-ce que ce n'est pas aussi le sens de la vie, approché uniquement dans des silences et des solitudes que l'on abandonne ainsi sur le bas-côté ?" (Pas de triche : je n'ai pas encore lu le livre, mais de larges extraits ont été publiés. Qui m'ont d'ailleurs plutôt donné envie. J'admets).
Je reviens à Dominique Voynet.
Dans l'un de ses premiers billets, consacré au débat parlementaire sur le Grenelle, cet extrait de son intervention à la tribune du Sénat, à propos du Grenelle de l'environnement :
Ce dialogue a permis de valider un diagnostic, d’identifier un certain nombre de mesures consensuelles, « gagnant-gagnant » (dont on peut raisonnablement espérer qu’elles seront mises en œuvre) et de dresser le constat de désaccords persistants. Qui arbitrera ? Le président de la République, avez-vous dit à maintes reprises. Je ne suis pas exagérément rassurée, Monsieur le Ministre. Pas seulement parce qu’il ne se déplace qu’en avion, au lieu de prendre le train. Pas seulement parce qu’il confirme à tous les grands élus – sur ce point, il n’y a pas de rupture avec le comportement de son prédécesseur ! – le caractère prioritaire de leurs projets de rocades et contournements routiers, à Bordeaux, à Strasbourg et ailleurs. Pas seulement parce qu’il propose de vendre des centrales nucléaires urbi et orbi. Mais parce que les décisions qui sortiront du Grenelle doivent engager tous les partenaires, être portées largement, si nous voulons qu’elles survivent aux arbitrages budgétaires, à l’inertie administrative, au découragement même de ceux qui seront chargés de les mettre en œuvre.
(...) Je vous envie – vous avez à relever un défi magnifique – et je vous plains aussi. Parce que j’ai écouté les interventions, hier à l’Assemblée nationale, cet après-midi au Sénat. J’ai mesuré que le soutien de vos amis politiques se limitait pour l’essentiel à ce jour à de grandes envolées lyriques à caractère général, assorties de recommandations de prudence… « N’empêchez pas les voitures de rouler. Attention aux aliments bios dans les cantines, c’est pas bon. Ne pénalisez pas les entreprises… » . Alors, sincèrement, Monsieur le Ministre : bon courage ! Il vous en faudra.
Hélène Jouan, dans son édito, dévoilait hier quelques unes des réticences des parlementaires UMP devant la "révolution écologique". E-di-fiant.
10:52 Publié dans Débats publics, Energie(s) & Climat, Gauche(s) et droite, La vie des Verts, Nucléaire, OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique voynet, yasmina reza, bobos, marianne, créatifs culturels, grenelle environnement
09/10/2007
Versac et la Birmanie
J'étais absolument d'accord avec cette note de Versac, moquant gentiment l'initiative Free Burma, ce côté naïf, si tous les blogueurs du monde se donnaient le RSS.
Pas convaincu par contre par ce billet là, trop vite écrit sans doute et qui, sans dédouaner l'action de Total en Birmanie, ridiculise ses détracteurs en agitateurs vaguement obsédés.
Mauvais billet, donc, mais qui permet de vérifier qu'un très bon blog, un blog qui mérite son succès, est aussi le fruit de l'intelligence de ses lecteurs. Mauvais billet, excellents commentaires.
07:00 Publié dans Débats publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : versac, total, birmanie
08/10/2007
Grenelle de l'environnement : le rire gras de Copé
grenelle de l'environnement - yves cochet
Vidéo envoyée par yxxl
L'intervention d'Yves Cochet, député Vert, au cours du débat à l'Assemblée nationale sur la phase 1 du Grenelle de l'environnement. A voir aussi pour les gesticulations de Jean-François Copé, pitre et président du groupe UMP. Ce mépris goguenard pour les solutions qui vont plus loin que le bout de son nez en dit long sur le conservatisme des moules sur leur rocher... Pas touche à ma bagnole, hurle en choeur la conjuration des irresponsables.
Dans son intervention, Yves Cochet cite ce rapport de l'Agence internationale de l'énergie (pas spécialement un think tank écolo, cela va sans dire) intitulé Saving oil in a hurry (économiser rapidement le pétrole). On peut le lire ici, en anglais.
11:00 Publié dans Débats publics, Energie(s) & Climat, Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05/09/2007
Grenelle de l'environnement : poudre aux yeux ?
Diversion et grossière mascarade pour les uns ; outil à investir, et première victoire pour ceux qui en avaient réclamé la tenue (l'Alliance pour la planète). Les Verts, il faut bien le dire, ont paru coincés entre deux tentations : une communication d'abord très critique, essentiellement centrée sur ce qui manque (et il y a évidemment à dire), mais des militants, des élus, des personnalités vertes qui, à des titres divers, se sont engagés dans le dispositif, déterminés à y gagner tout ce qui pourra l'être. Et la mouvance écolo n'est même pas si divisée : la plupart des ONG participent au Grenelle.
On ne fera pas d'écologie sans les écologistes, avons-nous souvent dit. Il faut donc dénoncer la manoeuvre, dévoiler l'illusion. Le Grenelle ? Ce sera de la cosmétique, pas de l'écologie. Pas sûr qu'un tel discours nous apporte mieux que notre propre estime, alimentée par notre certitude avant-gardiste d'avoir raison. Pas d'écologie sans les écologistes ? L'inconvénient de la formule n'est pas seulement que soyons peut-être seuls à le penser, mais encore que la question semble désormais ne même plus se poser. C'est ce qui fait mouvement qui donne le ton, et le mouvement est aujourd'hui à l'Elysée.
Ni naïfs, ni sectaires. C'est pour moi la seule option tenable. Jouer le jeu, sans illusion. Pointer les contradictions (et interroger par exemple le crédit d'impôt aux propriétaires, qui ne prévoit même pas la plus modeste éco-conditionnalité), mais sans endosser le rôle du juge ou du flic. Ne pas se condamner à dire demain : trop de ceci, pas assez de cela, mais énoncer, dans ce contexte que nous n'avons pas choisi, ce qu'il faudrait faire. Pas pour donner des idées au gouvernement, mais pour parler aux français. Retrouver l'initiative, plutôt que de s'en tenir au rôle assigné par le scénario sarkozyste à l'opposition : celui du commentateur impuissant, déchu, immobile.
20:04 Publié dans Débats publics, Gauche(s) et droite, La vie des Verts, militantismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, grenelle environnement, les verts, ogm, nucléaire, alliance pour la planète
03/09/2007
L'ennui que disent nos langues mortes (1)
Difficile de s'y remettre, quand on est resté si longtemps à l'écart. Difficile, aussi, après une telle claque, déjà si abondamment commentée. Puis vient le moment où, sans trop se forcer, on sent revenir l'envie. A force de lire et d'entendre : explications savantes et analyses pertinentes des raisons de la défaite, péroraisons moins utiles de ceux qui se voient pousser des ailes sur les décombres, plaintes et colères de ceux et celles qui, surtout, veulent bien s'avouer, vérité nue, simplement paumés.
Penser à gauche, voilà l'ordre du jour. Les récentes journées d'été des Verts en ont permis l'occasion, avec quelques beaux morceaux (je n'ai pu tout voir et n'ai pas encore tout écouté, mais je pense notamment ici à François Bégaudeau et Claude Askolovitch, invités par Dominique Voynet à alimenter un "bilan collectif" de l'élection présidentielle).
Dans la profusion des analyses de la défaite, surnagent quelques évidences, qu'il est toujours bon de discuter. Parmi celles-ci, l'idée que, si la gauche a perdu, c'est aussi parce que le pays est à droite. Mon ami Claude Taleb (qui n'a pas de blog, mais c'est pour bientôt) nuance, dans un texte récent, ce point de vue :
N'est ce pas plutôt une certaine gauche qui est minoritaire ?
La gauche de papa qui se refuse à renouveler ses logiciels et à intégrer les nouvelles pratiques sociales ; la gauche conservatrice qui n'apporte que deux réponses aussi dévoyées l'une que l'autre à l'aspiration d'autonomie des individus : la stigmatisation pour cause de dérive individualiste ou la flatterie qui sert d'alibi au refus de penser une protection sociale solidaire ; la gauche velléitaire qui affaiblit la société civile parce qu'elle s'avère, concrètement, incapable de l'aider à se renforcer en construisant des débouchés positifs à ses luttes défensives ; la gauche si hexagonale qui contribue au repli du même nom, qui veut rejouer 2005, et qui pétitionne pour un nouveau référendum « national » sur le TCE... avant même de se demander comment la victoire « historique » du 29 mai 2005 a pu produire la déculottée historique de mai dernier ; la gauche sectaire qui veut se découper des parts de marché en annonçant/dénonçant les échecs et renoncements ; celle qui se discrédite en rejetant dans une commune opprobre ceux des siens qui passent de l'autre coté et entrent au gouvernement et tel ou tel participant à une commission de réforme constitutionnelle ; celle enfin qui a aujourd'hui si peu confiance dans les idées qui sont son patrimoine reconnu qu'elle refuse d'inviter à débattre le ministre en charge du Grenelle de l'environnement !De la LCR au PS en passant par les Verts et le PC, aucun parti de gauche n'est aujourd'hui indemne de l'un ou de plusieurs de ces travers. Tous nous parlons, à des degrés divers, ce qui s'apparente de plus en plus à une langue morte, selon la formule d'Hélène Flautre.
Langue morte. C'est l'expression si juste d'Hélène Flautre pour décrire à la fois le flot verbeux des appareils officiels de la gauche et, peut-être surtout, l'impression qu'il peut produire sur ses auditoires. Ce que Viveret appelle lui "l'arrogance, les vieux langages" et dont, par faiblesse ou par habitude, nous continuons de nous nourrir. Par peur d'admettre la réalité et la profondeur du décrochage, par souci de ne voir dans le désastre électoral qu'un accident (un de plus, bien sûr, mais tout de même). Et pourtant, si notre langue est morte, si les mots que nous employons pour raconter et penser le monde sont dépassés, comment pourrions-nous écrire un projet qui ne soit pas, dès ses premières ébauches, désaccordé à son époque ?
23:35 Publié dans Débats publics, Gauche(s) et droite, La vie des Verts, militantismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gauche, avenir de la gauche, verts, PS, MoDem, politique, écologie
18/06/2007
Cette gauche désespérante
16:50 Publié dans Débats publics, Gauche(s) et droite, militantismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : daniel mermet, manif de droite, UMP de gauche, Hollande, PS
04/06/2007
Télé (poubelle) et web (utile)
Finalement, c'était une blague. De mauvais goût. Mais le plus étonnant, au delà de l'effroi et du scandale, c'est que le monde entier a cru que c'était possible, après tout. On est déjà descendu si bas, hein... Allez, reste plus qu'à en rire et imaginer d'obscures vengeances.
Ce soir, je me suis senti solidaire de Fabius. Faut dire qu'il était en face d'Olivier Besancenot, ce jeune homme qui veut faire la révolution mais sympa quand même, ce sympathique trotskiste qui explique à la gauche comment elle est jamais assez à gauche et tout ça.
A télécharger : la barre d'outils Ecolo Infos créée par So-Ann ! Utile et même mieux pour visiter la toile écolo.
00:15 Publié dans Débats publics, Gauche(s) et droite, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : télé réalité, fabius, besancenot, écologie
30/03/2007
Des éoliennes dans mon jardin !
Encore un. Les anti-éoliens, une fois de plus, ont obtenu le retrait d'un projet. C'était il y a deux semaines, à Courvaudon, entre la plaine et le bocage du Calvados. Pour l'occasion, on peut aller faire un tour sur les sites suivants, histoire de comprendre combien les éoliennes, c'est hyper dangereux pour l'environnement, la santé, la planète et, sans nul doute, les grands équilibres géostratégiques :
10:30 Publié dans Débats publics, Energie(s) & Climat | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : énergie, environnement, éoliennes
13/06/2006
Construire des désaccords, la mécanique du débat public
Une autre citation, toujours du livre collectif "Quelle démocratie voulons-nous ?". Elle porte sur un sujet dont il sera souvent question sur ce blog, le(s) débat(s) public(s) et autres forums hybrides et conférences de citoyens. C'est de Patrick Viveret, l'un des piliers de Transversales - Sciences & Culture :
De même que ce n'est pas le conflit qui est dangereux mais la violence, ce n'est pas le désaccord ou le dissensus qui mine un débat mais leprocès d'intention, le malentendu, le soupçon, etc. Quand on s'est suffisamment écoutés pour se mettre d'accord sur les objets de désaccord, on constate une progression qualitative du débat. Cette qualité démocratique est aussi une qualité relationnelle qui renforce la force mutuelle des participants. Même si elle ne débouche pas forcément sur un dépassement dynamique du désaccord, elle l'enrichit de telle manière que le "désaccord de sortie" soit infiniment plus riche que le "désaccord d'entrée".
16:25 Publié dans Débats publics, Energie(s) & Climat, Nucléaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









