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07/10/2007

BHL et Finkielkraut sur la gauche

C'est dans le Nouvel Observateur cette semaine :  

 

N. O. - Sur la repentance et le devoir de mémoire, Alain Finkielkraut, vous semblez en phase avec l'approche décomplexée de Sarkozy...
A. Finkielkraut. - Nicolas Sarkozy nous invite à nous inspirer des héros (Guy Môquet) plutôt qu'à nourrir notre imagination avec les méfaits des salauds. On peut discuter de cette inflexion, je ne la crois pas dangereuse. Quand une institution fait un lourd travail de mémoire, comme par exemple l'Eglise, je suis ému. Mais je n'ai aucune tendresse pour des générations qui ont tout fait à blanc, notamment la révolution en 1968, et qui s'instaurent en juges du passé et de sa grande noirceur. Les Français d'aujourd'hui, qui font le procès de Vichy, de l'esclavage, de la colonisation, ne se repentent pas, ils se gargarisent, ils s'applaudissent de leur victoire imaginaire sur la bête immonde.
B.-H. Lévy. - Eh bien, moi, je n'ai aucune tendresse pour les générations amnésiques qui décident de se laver les mains de ces blessures dont Levinas disait qu'elles saignent jusqu'à la fin des temps. Je suis pour la repentance. Pour le devoir de mémoire. Et, loin d'y voir une école d'innocence, j'y trouve au contraire une propédeutique de la vigilance face au pire. Prenez encore la Bosnie. Ou le Rwanda. Ou aujourd'hui le Darfour. Ce sont les partisans et artisans du devoir de mémoire qui chaque fois comprennent les premiers. Ce sont les gens ayant en tête la honte des crimes des générations antérieures qui captent tout de suite le parfum caractéristique des crimes de masse.
A. Finkielkraut. - Il ne saurait être question, en effet, d'esquiver le face-à-face avec le passé colonial. Mais sa criminalisation ne doit pas servir d'alibi aux régimes actuels. J'ai appris avec horreur que dans tous les pays arabes on croyait les infirmières bulgares coupables. Si nous voulons aider ces pays à sortir de la stagnation, il nous incombe de ne pas alimenter cette stratégie fatale du bouc émissaire.
B.-H. Lévy. - Est-ce qu'être de gauche, en ce début du XXIe siècle, ce n'est pas, là aussi, essayer de penser tout cela à la fois ? Anticolonialisme et antitotalitarisme. Crimes du FLN et crimes de l'OAS. Les crimes des autres, d'accord, mais aussi les nôtres et, déjà, ceux de nos aînés. C'est à cela, en tout cas, que je m'efforce dans ce livre.

 

C'est moi qui souligne. Et pour la première fois, je suis davantage d'accord avec BHL qu'avec Finkielkraut... 

Commentaires

Votre pensée
D'abord par l'Eglise émue
Rencontra 68
Et de tendresse fut alors dépourvue.
Alors vous avez appris avec horreur
Que dans tous les pays arabes
On croyait les infirmières bulgares
Coupables.

(attention à votre coeur AF)

Ecrit par : phil92 | 08/10/2007

La réaction toute en finesse et pleine de courtoisie de Guaino aux propos de BHL le concernant : http://www.rue89.com/2007/10/09/pour-guaino-bhl-est-un-petit-con-pretentieux

"Con", "Connard", "Connerie", la plume de Sarkozy a comme une fascination pour le sexe féminin...

Ecrit par : Fab | 10/10/2007

@ Fab : tu vois que, finalement, ça t'intéresse, BHL...

Ecrit par : mickaël | 11/10/2007

Désolé Phil92

C'est drôle mais je crois savoir qu'accuser publiquement une personnalité de raciste n'ést pas particulièrement courtois. On oublie en l'occurence que l'agresseur était BHL. Il ne faut pas oublier que BHL nous avait gratifié dans la semaine d'un savoureux Bourdieu est nazi qui ne mérite qu'un oubli salutaire.
Je suis sidéré qu'on puisse accorder encore du crédit à cet imposteur( fausse interview de Massoud, le flic du Michigan qui cite Toqueville, haha) , cet homme dont Marianne Pearl disait que ' chez lui, l'ego tuait toute intelligence, cet homme de réseau dont chaque ouvrage bénéficie dans notre presse- libre- d'une promotion nord-coréenne. Faire appel à BHL pour repenser la gauche revient à faire appel à MacDo pour nous expliquer comment manger sainement.
BHL, autoproclamé nouveau philosophe mais plutôt philosophe du vide et de la vacuité, animé d'une haine du peuple, forcément plouc et poujadiste, envieux et feignant, et des altermondialistes, forcément antisémites car n'achetant pas ses livres et faisant preuve d'un soupçon de compassion envers les Palestiniens, évacuant la question social de son logiciel de pensée, est malheureusement le symptome d'une sclérose de la vie culturelle française, étouffé par les réseaux, renvois d'ascenseurs et autres connivences. Je vous renvoie à un savoureux ouvrage de Serge Halimi: " Les Nouveaux Chiens de Garde" qui reste d'une actualité troublante.
Amicalement

Ecrit par : Jaouadi | 03/11/2007

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