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18/09/2007
Travailler plus, plus, plus
Nicolas Sarkozy vient d'achever son discours de politique sociale au Sénat. Beaucoup de choses, visiblement piochées à gauche et à droite. Stratégie éprouvée, pendant la campagne et depuis l'élection : on aligne les évidences, on pose des questions qui contiennent déjà la réponse. On embrouille.
Sans surprise, Mister President recycle son "travailler plus pour gagner plus". Car dans le monde de Sarkozy, ce sont les salariés qui peuvent choisir de faire des heures sup. Et pourquoi devrait-on empêcher, nous demande-t-il, un salarié de préférer "la rémunération au temps libre" (notez la finesse de l'attaque : ceux qui ne veulent pas choisir le salaire sont des feignasses). Les 35 heures ? On va assouplir (on se demande ce qu'il reste à assouplir).
Au milieu des contradictions, surnage donc une cohérence, une seule : travailler plus, plus, plus. Mister President veut une France de petits travailleurs infatigables, où l'on n'interdira plus aux retraités d'occuper un emploi (ben, tiens ! Evident que c'est le rêve number one du troisième âge).
Elle commencer à ressembler à quelque chose, la France d'après. Un pays de propriétaires qui courent après le travail, qui aime ça, et qui veut que ça se voit. Une France de nouveaux riches, un pays bling bling.
15:50 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, discours politique sociale, sénat, réforme régimes spéciaux, 35 heures
16/09/2007
Rugby
Namibie : 10. France : 87.
Ce soir, Bernard Laporte avait décidé de lire la lettre de Guy Moquet à l'équipe adverse...
23:16 Publié dans y a pas que la politique dans la vie ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/09/2007
Juste en passant
Si la gauche est intellectuellement morte, quelle vie lui reste-t-il ? Et bien, pendant cette campagne, on a constaté qu'il lui restait seulement des souvenirs et des habitudes.
Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, à l'université d'été des Gracques
Je fouille le site en ce moment, j'en reparlerai. J'ai juste attrapé ça au passage...
00:40 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gauche, politique, présidentielle
14/09/2007
L'herbe n'est pas plus verte en face
Versac, blogueur en vue, est l'invité de Libération au forum "Vive la politique !", organisé à Grenoble par le journal. Hier soir, il commentait donc, sur un blog dédié, le débat qui opposait Jean-Marie Bockel, ex-socialiste déc(h)u et désormais sarkoziste secrétaire d'Etat, à Thomas Piketty, le jeune économiste qui monte (et tant mieux). Extrait :
Piketty semble considérer (à juste titre selon moi) que le choix Bockelien repose sur une erreur de jugement. Comme si, à force de trop lutter en interne pour imposer un aggiornamento social-libéral en interne, on ne voyait plus du tout la couleur de l'herbe dans son camp, et on la voyait étonnemment trop verte à côté.
Très bon. L'air de rien, Versac en dit long sur le malaise de ceux qui, sans passer sur l'autre rive, désespèrent parfois de leur camp (j'ai déjà écrit ici ou là qu'on peut n'être plus guère convaincu par les certitudes des têtes connues de la gauche et savoir tout de même que c'est là qu'on habite).
Le malaise ? Il suffit d'écouter pour le constater. Se rappeler aussi, c'était il n'y a pas si longtemps, tous ces électeurs de gauche qui, finalement, ont choisi de voter Bayrou le 22 avril. Entendre le scepticisme qui ronge, le désarroi face aux proclamations identitaires comme aux conversions subites. Car, en réponse à ce malaise, certains socialistes jugent bon de jeter le bébé avec l'eau du bain (et la baignoire). Puisque, disent-ils, vous dites que nous nous sommes trompés parfois, nous allons changer d'avis sur tout.
Il y a deux manières d'éviter la douleur du diagnostic. Faire comme si de rien n'était, en revenir à la gauche d'avant-hier pour répondre aux enjeux de demain. Ou, tout bêtement, considérer qu'être de gauche n'est qu'une façon plus funky de concevoir et de mener une politique de droite.
Une autre manière d'être à gauche commence sur le chemin, étroit et rocailleux, où l'on se défait de ces deux fardeaux.
EDIT 13:57 - Je me rends compte d'une ambiguïté. Si je trouve juste cette analyse de Versac, c'est pour le mécanisme qu'elle dévoile, pas pour l'étiquette qu'elle évoque - social-libéral. Je ne sais pas bien d'ailleurs ce que recouvre exactement cette étiquette, ce qu'elle signifie ou embrasse. J'ai même l'intuition que, comme pas mal de ces appellations, l'expression est plutôt un frein au débat, à la compréhension et à l'analyse. Une sorte de raccourci, mais qui rallonge la route.
12:20 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, libération, bockel, piketty, gauche, sarkozy, mondialisation
13/09/2007
La gauche Clémentine Mélenchon (2)
Elle se fait, cette semaine, tailler un costard. Chez Franck, d'abord, qui commente un texte invraisemblable qui circule ces jours-ci sur Internet et selon lequel, en gros, le Grenelle de l'environnement est l'élément d'une vaste (et secrète, sinon ça ne veut rien dire) conspiration mondiale visant à déchoir l'écologie en alibi du capitalisme.
La thèse de cet article ?
Il existe un plan global visant "à la prise en main par le business international des questions écologiques". Le gouvernement français, en ouvrant le Grenelle de l'Environnement, en limitant les participants aux associations les plus dociles, ou aux personnalités qualifiées les plus médiatiques et/ou les moins compétentes, ne vise qu'à se plier à ce plan global. Conclusion de l'article, j'en n'en change pas un mot :(il faut un référendum sur une série de moratoire), Cela montrerait que l'on est encore en démocratie, et non dans une ploutocratie où le vrai pouvoir est aux mains du business, et où l'Etat est à son service. Mais ce serait sans doute bien trop dangereux ...
La gauche Clémentine Mélenchon (ou gauche des cheminées d'usine, et je me promets d'en inventer d'autres, des sobriquets affecteux comme ça...) est également au casting de l'éditorial de Philippe Val cette semaine, dans Charlie Hebdo.
Déclaré traître droitier par ceux qui trouvent moins de charme à Charlie Hebdo depuis qu'il se vend bien (ce qui est suspect) et que son patron passe à la télé (ce qui est coupable), Phiippe Val, donc, revient sur sa présence à l'université d'été du Medef. Peu importe ce qu'il a pu y dire car, comme chacun sait, l'essentiel c'est de participer. Régulièrement dézingué par les prêtres, archevêques et cardinaux de ce qu'il faut bien penser à gauche (de la gauche), dénoncé comme un social-traître petit-bourgeois sur d'innombrables sites Internet aussi confidentiels que dogmatiques, Philippe Val a cette fois gravement déchu.
On a donc étrillé Val, ici et là par exemple. Dans son édito, il répond. Et ça donne (notamment) ça, à propos de sa rencontre avec Olivier Cyran, ancien de Charlie et présentement animateur du webzine CQFD :
"Toujours en forme, discrètement bronzé, il m'aboya quelques questions qui contenaient déjà les réponses, dans le genre "maintenant que tu es vendu au grand patronat, est-ce que tu ne crois pas que tu es vendu au grand patronat ?
(...) Je veux rendre hommage à Cyran qui, depuis des années, consacre une grande partie de sa vie à surveiller mes dérives et à les dénoncer sur des sites Internet qui sauvent le monde en publiant des listes de traîtres.
(...) Ö naïveté... J'avais encore une fois oublié que la démocratie consiste à ne dialoguer qu'avec les gens d'accord avec nous.(...) Ainsi, moi qui suis censé être de gauche, je dois considérer que parler avec les patrons, c'est comme parler avec des fascistes."
La gauche Clémentine Mélenchon n'a pas fini d'hurler à la trahison, c'est à peu près certain. Les listes de traîtres, de suspects de ralliements ou de simple mollassonnerie ; les listes de celles et ceux que le bureau politique de l'alter web jugera pas assez ceci ou trop cela vont s'allonger. Je me demande si je ne vais créer une rubrique rien que pour ça, tiens...
22:25 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : charlie hebdo, medef, philippe val, gauche, mondialisation, clémentine autain, mélenchon
Le MoDem, c'est pas simple
Les nouveaux militants du Modem à Paris (4000 revendiqués) affluent. Problème : ils seraient, à 70%, d'anciens socialistes déçus. De quoi désappointer les cadres de l'UDF chargés de les acceuillir. Comment expliquer aux nouveaux venus qu'on ne dit pas "cher camarade", que le tutoiement n'est pas de rigueur chez les centristes, et qu'il n'est pas question de voter : Marielle de Sarnez sera candidate à la mairie, un point c'est tout...?
Confidences de Jean-Christophe Lagarde, député UDF-Nouveau Centre de Drancy, à propos des nouveaux militants bayrouistes ("Le Figaro", 5/9) : "Une adhérente UDF de Drancy m'a écrit qu'elle se trouvait (au MoDem) avec des "gauchistes" et des "libertaires"".
Le Canard Enchaïné, mercredi 12 septembre
M'est avis que que certains, qui avaient franchi le Rubicon, vont finir par se sentir mal à l'aise...
21:29 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, politique, udf
12/09/2007
Des visages aimés
"Nous sommes faits de cela, nous ne sommes faits que de ce que nous aimons - et de rien d'autre. Si retranchée que soit notre vie, pedue dans les hauteurs brûlées de vent, elle n'est jamais si proche que dans une poignée de visages aimés, dans cette pensée qui va vers eux, dans ce souffle d'eux à nous, de nous à eux."
Christian Bobin, L'inespérée
Je le redoutai, mais n'ai guère osé lui en parler. Je l'avais compris à la lecture de ses récents billets. Il l'écrit lui-même, les blogs sont des journaux extimes, des pages intimes abandonnées à l'extérieur (de soi). Franck va donc voguer vers d'autres horizons...
Franck ? Un de ceux dont on se dit qu'ils vous rendent la vie plus chouette, un de ceux qui aident à penser, même quand on n'est pas d'accord. Un écolo comme il en faudrait sans doute beaucoup, parce que sa disponibilité à penser ce qui est complexe, "ondoyant et divers" comme l'écrivait Montaigne, en fait l'une des personnes les moins chargées de dogmatisme que j'ai pu croiser en pas loin de quinze ans de militantisme.
Revu hier E., ex-collègue et toujours un ami. On a parlé de la déprime de gauche, de ce sentiment si particulier qu'il était quand même temps que ça bouge de ce côté là. On était d'accord, comme quand on s'est quittés la veille et qu'on reprend une discussion là où on l'avait laissée. Je n'avais pas revu E. depuis plus d'un an... C'est là où je me sens, cruellement, trop léger avec celles et ceux qui comptent dans ma vie.
A. et M. reviennent. Eux aussi comptent, beaucoup plus que je ne saurai leur dire. Partis à la Réunion pendant deux ans, ils nous avaient prêté leur maison. Prêté. Zéro euro, zéro centime. Ils pouvaient la louer sans difficulté, sans s'ennuyer. Ils ont préféré, simplement, rendre service. Parce que, pour eux, c'était juste naturel. Ils l'ont fait pour nous, qu'ils connaissaient à peine, comme ils l'auraient fait pour d'autres, sans plus les connaître. A la confiance.
Il y a des gens, des visages aimés, dont l'existence fait du bien. On sait vaguement qu'on ne saura jamais leur dire vraiment, et on se dira j'aurai dû.
On vit la vie dans une brume
On a des fêtes
Une boucle d'oreille avec une plume
Dans la tête.
Le bleu qu'on met dans la vodka,
Ca nous rappelle
Tous les "j'aurai-dû" "Y avait qu'à"
La Rochelle
08:45 Publié dans y a pas que la politique dans la vie ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, amitié, franck contat, journal intime, sarkozy, gauche
11/09/2007
La gauche Clémentine Mélenchon
Excellent billet de Bix sur la gauche des cheminées d'usine, qu'il dit "figée en 1965" que c'en est fascinant. Extrait :
Depuis 6 ans, nous luttons contre Nicolas Sarkozy avec les mêmes armes, et ça a échoué. Il faut changer de méthode et arrêter de penser qu'il va finir par se prendre les pieds dans le tapis. Mais une "certaine" gauche continue cette même méthode. J'ai alors compris qu'il allait être aussi extrêmement difficile de voir pendant 5 ans la gauche "Clémentine-Autain" faire ce qu'elle ne sait pas faire, c'est-à-dire de la politique.
Lire également, du même auteur et sur le même sujet, ce billet.
17:05 Publié dans Gauche(s) et droite | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gauche, sarkozy, bix, clémentine autain, mélenchon
Areva, champion du nucléaire et de la communication
C'est ce qu'on appelle noyer le poisson ou, si l'on préfère, éteindre l'incendie. Allumer un contre-feu. Areva, le champion français du nucléaire, excelle aussi dans l'art - toujours délicat, s'agissant d'activités à risques - de la communication. C'est ce talent qui explique qu'on parle beaucoup des fabuleux contrats - historiques ! - signés avec la Chine, dont l'annonce est toujours saluée par de tonitruants accents patriotiques, dont le tumulte finit par couvrir l'information, qui vient souvent quelques jours plus tard, selon laquelle non, finalement, rien n'est signé vraiment... Des contrats à la De Mesmaeker, en quelque sorte.
Les petits génies du staff de com' d'Areva ont encore frappé.
Hier en fin d'après-midi, le site Internet de l'hebdomadaire Challenges révélait que l'entreprise n'avait pas été à la hauteur de ses responsabilités dans la contamination survenue, en octobre 2006, au cours d'un chantier de démantèlement d'installations. Un rapport du Comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) de l'entreprise, daté de juin 2007, indique ainsi, selon Challenges :
"si 98 à 99% des cas de contamination sont légers (…), pour les cas restants, il nous faut mettre en place les moyens d’y faire face : le bloc de décontamination (…) a montré ses limites quand la contamination est importante".
Toujours selon l'hebdomadaire :
"les salariés contaminés ne disposaient d’aucune information sur les "risques radiologiques des installations" à démanteler. Plus grave, presque un an jour pour jour après cet accident, un événement quasi-similaire est survenu il y a 15 jours, toujours à La Hague: "Areva agit toujours dans une configuration d’exploitation alors que l’on est en plein démantèlement et que les consignes de sécurité ne sont pas les mêmes", explique la CGT, qui va jusqu’à s’interroger sur le fait de savoir si Areva a bien reçu le "feu vert" de la DGSNR (Direction générale de la sécurité nucléaire et de la radioprotection) pour certaines opérations en cours sur le site de La Hague.
Bref : l'information "exclusive" de Challenges promettait quelques sueurs au champion atomique tricolore. On allait en parler le lendemain, ça allait tourner... Miracle et coup de chance (fortuit ?) : ce matin, le buzz, coco, c'est la refonte probable possible annoncée du capital d'Areva. Exit le reste, qui ne pèse plus bien lourd (d'autant que, ok, y avait contamination, mais pas des riverains, hein, c'était interne, cette histoire).
Un hasard ? Oui, ça peut toujours arriver...
Ci dessous, le communiqué de presse que j'ai diffusé hier soir pour les Verts de Basse-Normandie.
Selon une information publiée ce lundi soir sur le site Internet du mensuel Challenges, le Comité d'Hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) d'Areva pointe, dans un rapport daté de juin 2007, la responsabilité de l'entreprise dans les conséquences de l'accident de contamination survenu le 26 octobre 2006 lors du démantèlement d'installations.
Selon le rapport du CHSCT, "si 98 à 99% des cas de contamination sont légers (…), pour les cas restants, il nous faut mettre en place les moyens d’y faire face : le bloc de décontamination (…) a montré ses limites quand la contamination est importante". Le CHSCT rappelle également que les salariés contaminés ne disposaient d’aucune information sur les "risques radiologiques des installations" à démanteler.
Les Verts regrettent qu'Areva, entreprise publique gérante d'activités à hauts risques, n'ait pas jugé bon de rendre publiques ces informations, révélées par la presse. La connaissance du risque, la pleine conscience des conditions de travail des salariés du nucléaire, l'information sur la sécurité réelle des sites nucléaires sont pourtant une condition essentielle d'un véritable débat public transparent sur ces questions.
Les Verts s'étonnent également d'apprendre que, selon le rapport du CHSCT, les leçons de l'accident du 26 octobre 2006 n'ont pas été tirées. Un événement quasi-similaire est ainsi survenu il y a 15 jours, toujours à La Hague. Selon la CGT, "Areva agit toujours dans une configuration d’exploitation alors que l’on est en plein démantèlement et que les consignes de sécurité ne sont pas les mêmes".
Les Verts demandent à Areva de clarifier publiquement les faits graves qui lui sont imputés par le CHSCT. Ils déplorent les mauvaises habitudes de l'entreprise, marquées par le refus de la transparence et du débat contradictoire. Avec les salariés d'Areva et de ses sous-traitants, les Verts veulent que l'entreprise corrige au plus vite ses procédures de sécurité et de contrôle, pour la sécurité et la santé de tous.
Enfin, les Verts s'associent aux syndicats de l'entreprise et s'opposent fermement à la logique de restriction budgétaire à l'oeuvre depuis 2002 dans les centrales nucléaires EDF. Le nucléaire est par nature une activité à haut risque : il est inadmissible de laisser ce risque s'aggraver encore, par inconscience ou par aveuglement.
16:05 Publié dans Energie(s) & Climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : areva, contamination, nucléaire, sécurité nucléaire
10/09/2007
Dépénaliser le droit des affaires ?
Je viens de lire ça, je fais tourner.
ET IL INSISTE. Nicolas Sarkozy a réitéré jeudi sa volonté de dépénaliser le droit des affaires. Mais pourquoi n’insisterait-il pas ? Ses dernières déclarations au Medef, malgré leur caractère scandaleux n’ont suscité que des protestations du monde judiciaire. La presse s’est tue. Les radios se sont tues. La télévision s’est tue, alors que la pénalisation du droit des affaires est extrêmement faible en France, notamment par rapport à la manière dont la justice américaine traite ces cas. Seuls quelques juges se sont exprimés, comme Eva Joly qui ne comprend pas que l’on « irresponsabilise » ainsi ses élites: « cela me paraît une grave erreur et une absence de compréhension de ce qu'est la criminalité organisée ou la criminalité économique ». Tolérance zéro pour tous mais pas pour les patrons, alors que, non sans démagogie, on nous propose de faire comparaître les malades mentaux et de sanctionner les mineurs comme des adultes. La dépénalisation du droit des affaires est une vieille revendication du Medef. La France est pourtant un pays où les sanctions pour délit économique sont peu nombreuses. Pour l'année 2005, une récente étude de la Chancellerie fait état de 4.056 condamnations en matière de législation sur les sociétés ou pour atteintes aux finances publiques, sur un total de 550.841, avec comme délits principaux les banqueroutes, les abus de biens sociaux, la corruption active ou passive, le trafic d'influence et la prise illégale d'intérêt. Nicolas Sarkozy voudrait également interdire les enquêtes sur dénonciation anonyme. Mais la plupart des grandes enquêtes sur les "affaires" ont pour origine ou ont été accélérées par des lettres anonymes, même si cette pratique, de sinistre mémoire, est susceptible de toutes les manipulations. Mais, comme l’a souligné Eva Joly, en matière de dénonciation anonyme, "la France irait ici à l'opposé de ce que font tous les autres grands pays dans le monde", comparant Nicolas Sarkozy à Silvio Berlusconi, dans sa manière de "soutenir les délinquants". Une comparaison de plus en plus patente. Notable différence : Berlusconi était à la tête d’un empire médiatique, Sarkozy joue de son influence sur ses amis Bouygues, Dassault, Lagardère, Pinault, tous patrons de presse, pour intimider les rédactions, ce qui explique le silence assourdissant sur cette question capitale et scandaleuse.
C'est de Jean-Marcel Bouguereau, du Nouvel Observateur (voir ici le post original).
17:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, medef, droit des affaires, eva joly










