« La gauche Clémentine Mélenchon (2) | Page d'accueil | Juste en passant »

14/09/2007

L'herbe n'est pas plus verte en face

Versac, blogueur en vue, est l'invité de Libération au forum "Vive la politique !", organisé à Grenoble par le journal. Hier soir, il commentait donc, sur un blog dédié, le débat qui opposait Jean-Marie Bockel, ex-socialiste déc(h)u et désormais sarkoziste secrétaire d'Etat, à Thomas Piketty, le jeune économiste qui monte (et tant mieux). Extrait :  

 

Piketty semble considérer (à juste titre selon moi) que le choix Bockelien repose sur une erreur de jugement. Comme si, à force de trop lutter en interne pour imposer un aggiornamento social-libéral en interne, on ne voyait plus du tout la couleur de l'herbe dans son camp, et on la voyait étonnemment trop verte à côté.

 

Très bon. L'air de rien, Versac en dit long sur le malaise de ceux qui, sans passer sur l'autre rive, désespèrent parfois de leur camp (j'ai déjà écrit ici ou qu'on peut n'être plus guère convaincu par les certitudes des têtes connues de la gauche et savoir tout de même que c'est là qu'on habite). 

Le malaise ? Il suffit d'écouter pour le constater. Se rappeler aussi, c'était il n'y a pas si longtemps, tous ces électeurs de gauche qui, finalement, ont choisi de voter Bayrou le 22 avril. Entendre le scepticisme qui ronge, le désarroi face aux proclamations identitaires comme aux conversions subites. Car, en réponse à ce malaise, certains socialistes jugent bon de jeter le bébé avec l'eau du bain (et la baignoire). Puisque, disent-ils, vous dites que nous nous sommes trompés parfois, nous allons changer d'avis sur tout.  

Il y a deux manières d'éviter la douleur du diagnostic. Faire comme si de rien n'était, en revenir à la gauche d'avant-hier pour répondre aux enjeux de demain. Ou, tout bêtement, considérer qu'être de gauche n'est qu'une façon plus funky de concevoir et de mener une politique de droite. 

Une autre manière d'être à gauche commence sur le chemin, étroit et rocailleux, où l'on se défait de ces deux fardeaux. 

 

EDIT 13:57 - Je me rends compte d'une ambiguïté. Si je trouve juste cette analyse de Versac, c'est pour le mécanisme qu'elle dévoile, pas pour l'étiquette qu'elle évoque - social-libéral. Je ne sais pas bien d'ailleurs ce que recouvre exactement cette étiquette, ce qu'elle signifie ou embrasse. J'ai même l'intuition que, comme pas mal de ces appellations, l'expression est plutôt un frein au débat, à la compréhension et à l'analyse. Une sorte de raccourci, mais qui rallonge la route.

Commentaires

Le terme "social-libéral" a remplacé dans les incantations et les excommunications l'expression "réformiste".

A force de s'en tenir à des étiquettes, nous n'avançons en rien dans les réponses à apporter aux interrogations qui nous sont soumises (nucléaire, aménagement du terrioire,...).

Les discussions avec les tenants du nucléaire comme la CGT énergie _ qui lie leur mode de production préférèe et la vision du service public de l'énergie _ sont longues et fastidueuses.

A suivre.

Paulo-Serge

http://paulosergelopes.hautetfort.com/

Ecrit par : Paulo-Serge | 15/09/2007

Les commentaires sont fermés.