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12/09/2007
Des visages aimés
"Nous sommes faits de cela, nous ne sommes faits que de ce que nous aimons - et de rien d'autre. Si retranchée que soit notre vie, pedue dans les hauteurs brûlées de vent, elle n'est jamais si proche que dans une poignée de visages aimés, dans cette pensée qui va vers eux, dans ce souffle d'eux à nous, de nous à eux."
Christian Bobin, L'inespérée
Je le redoutai, mais n'ai guère osé lui en parler. Je l'avais compris à la lecture de ses récents billets. Il l'écrit lui-même, les blogs sont des journaux extimes, des pages intimes abandonnées à l'extérieur (de soi). Franck va donc voguer vers d'autres horizons...
Franck ? Un de ceux dont on se dit qu'ils vous rendent la vie plus chouette, un de ceux qui aident à penser, même quand on n'est pas d'accord. Un écolo comme il en faudrait sans doute beaucoup, parce que sa disponibilité à penser ce qui est complexe, "ondoyant et divers" comme l'écrivait Montaigne, en fait l'une des personnes les moins chargées de dogmatisme que j'ai pu croiser en pas loin de quinze ans de militantisme.
Revu hier E., ex-collègue et toujours un ami. On a parlé de la déprime de gauche, de ce sentiment si particulier qu'il était quand même temps que ça bouge de ce côté là. On était d'accord, comme quand on s'est quittés la veille et qu'on reprend une discussion là où on l'avait laissée. Je n'avais pas revu E. depuis plus d'un an... C'est là où je me sens, cruellement, trop léger avec celles et ceux qui comptent dans ma vie.
A. et M. reviennent. Eux aussi comptent, beaucoup plus que je ne saurai leur dire. Partis à la Réunion pendant deux ans, ils nous avaient prêté leur maison. Prêté. Zéro euro, zéro centime. Ils pouvaient la louer sans difficulté, sans s'ennuyer. Ils ont préféré, simplement, rendre service. Parce que, pour eux, c'était juste naturel. Ils l'ont fait pour nous, qu'ils connaissaient à peine, comme ils l'auraient fait pour d'autres, sans plus les connaître. A la confiance.
Il y a des gens, des visages aimés, dont l'existence fait du bien. On sait vaguement qu'on ne saura jamais leur dire vraiment, et on se dira j'aurai dû.
On vit la vie dans une brume
On a des fêtes
Une boucle d'oreille avec une plume
Dans la tête.
Le bleu qu'on met dans la vodka,
Ca nous rappelle
Tous les "j'aurai-dû" "Y avait qu'à"
La Rochelle
08:45 Publié dans y a pas que la politique dans la vie ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, amitié, franck contat, journal intime, sarkozy, gauche











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