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17/06/2007

Dans moins d'une heure, résultats...

Dans quelques dizaines de minutes, on saura. Une vague, un raz-de-marée, un tsunami ? Du bleu partout, dans tous les cas. Est-il permis d'avouer que, malgré cette lourde défaite, je serai soulagé que la saison (politique et électorale) se termine ? Pour prendre un peu de repos, évidemment, comme l'attendent sans doute les militants et les militantes de tous partis qui, depuis des mois, consacrent une bonne part de leur temps à la victoire de leur camp. Pour faire le point, aussi, sur les raisons de la défaite, sur ce qu'elle signifie et ce qu'elle ouvre comme perspectives. 

Pour la gauche, pour l'écologie. Je suis, comme Franck, souvent fâché contre cette gauche qui nous fait perdre ; chaque jour davantage, je me sens d'abord écolo avant d'être de gauche. Surtout, je me sens de moins en moins de connivence avec les réflexes conditionnés de la gauche gouvernementale, décidément trop paresseuse pour vouloir comprendre les raisons profondes de son (de notre) échec, comme de la gauche radicale, toujours soucieuse d'être à l'avant-garde, superbe éclaireuse qui n'éclaire personne et que plus rien n'éclaire, guère préoccupée de parler à la société telle qu'elle est. Il ya tout cela, oui. Mais, quoiqu'il en soit, c'est à gauche que j'habite. C'est avec la gauche que les écologistes peuvent passer des alliances, et ce sont les espérances historiques des gauches - la solidarité, la démocratie, la justice, la paix - que l'écologie, si elle veut être l'humanisme du siècle, doit prolonger.

Et après ? On s'arrête là, comme un autre soir de défaite ? Comme si on attendait juste la prochaine fois, l'alternance mécanique ? On se console avec les sièges qu'on aura pu sauver, et ceux qu'on aura pu prendre ? Pas excitant, hein...


La presse, les blogs regorgent d'analyses, de propositions, de perspectives. Etrangement, et comme si la gauche partidiaire ne parvenait à s'extraire des langues mortes qu'au seul profit de la vaine pipolisation (voir le billet récent de Serge Raffy dans Libé), ces stimulantes idées viennent pour l'essentiel d'intellectuels, de journalistes engagés, de francs tireurs de la blogosophère, très rarement des partis. La gauche a perdu la bataille des idées, mais elle avait déjà rompu, depuis trop longtemps, le fil avec le monde des idées, avec celles et ceux dont la tâche est de penser notre monde. Première urgence : retisser ce lien, partout. Découvrir et redécouvrir, par exemple, les ouvrages de la République des idées, think tank aussi cité que pas vraiment lu (et pourtant, ça décape) ; les textes, fondateurs, de Marcel Mauss, de Jaurès, du socialisme associationniste de Leroux, travaillés depuis tant d'années dans l'indifférence par la Revue du Mauss, autour d'Alain Caillé...

Y a du boulot, donc, et du boulot stimulant.  La seule question, c'est de savoir si nous serons, au fond, à la hauteur de l'exigence.

Même si la déroute annoncée devait ce soir être moindre (et tant mieux), le pire serait de voir là un réconfort, quelque chose comme : c'est vrai, nous avons perdu, mais pas tant que ça, inutile donc de tout mettre par terre. Et pourtant : perdre à 49 ou 42, qu'est-ce que ça change vraiment ? Nous voulons gagner ? Il va falloir mettre pas mal de trucs par terre. Et reconstruire du plus solide. Du durable. 

Commentaires

Pour info, les journées d'été du MAUSS se tiendront à la mi-septembre à Bayeux (Calvados, France), avec au programme de grosses discussions touchant à l'écologie politique, puisque le thème principal sera la discussion de la thématique de la décroissance (avec S. Latouche et autres).

Ecrit par : Fabien | 17/06/2007

Franchement la decroissance, je mesure 1m78 alors la décroissance...

Ecrit par : Michel | 18/06/2007