« Poules de trentenaire | Page d'accueil | Climat : agir maintenant ! »
04/11/2006
OGM : violences, destructions, meurtres. Loin d'ici...
OGM ou sans OGM, la viande qui pousse en Europe ? Les vaches du voisin, là, juste à côté de mon assiette, elles mangent quoi ? J'ai déjà parlé de ces questions, qui sont entrées dans le débat public il y a quelques années grâce notamment au travail considérable de Greenpeace (en particulier du grand Arnaud Apoteker, l'un de ceux qui, longtemps dans le désert, a alerté parmi les premiers sur les résultats réels des plantes GM là où on les cultivait à grande échelle, en Argentine par exemple).
En revanche, j'ai assez peu évoqué ici le travail qui m'occupe depuis une bonne année maintenant, et que je dois terminer d'ici la fin du mois. Le problème est simple : les consommateurs - français et européens - veulent des produits sans OGM (le succès du guide des produits avec ou sans OGM, édité par Greenpeace, en témoigne), mais les animaux des cheptels européens (comme du reste du monde) sont notamment nourries de soja génétiquement modifié, sans que - magie de règles d'étiquetage très incomplètes - le consommateur ne puisse le savoir (sauf, bien entendu, à consulter régulièrement son petit guide de Greenpeace). Question : si une région, qui s'est inscrite comme plus de 170 autres régions d'Europe, dans le mouvement des régions sans OGM, veut mettre ses actes - et ses produits agricoles - en conformité avec ses engagements et ses principes, elle fait comment, très concrètement ?
C'est cette question qu'a posé le Conseil Régional de Basse-Normandie au réseau INPACT. Constitué de cinq associations bas-normandes de développement agricole et rural (parmi lesquels les agriculteurs bio, les Civam et l'association liée à la Confédération paysanne), le réseau INPACT - Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale, joie des acronymes - a relevé le défi. Résultats (à venir) : un rapport de la situation et des enjeux pour la région, avec propositions à la clé pour une Basse-Normandie sans OGM (il sera remis en décembre au Président de Région) et la mise en route de "groupes-témoins" d'agriculteurs volontaires pour changer de pratiques et diminuer leur dépendance au soja importé, en le remplaçant par exemple par d'autres osurces de protéines. C'est ce travail que, depuis 2005, je tente de coordonner avec les collègues animateurs du réseau. Du lourd, plus lourd sans doute qu'on ne l'imaginait en commençant.
Les enjeux sont énormes, et la marge de manoeuvre faible : la dépendance européenne aux protéines importées dépasse les 70 %. Concrètement, quand une vache d'Europe a besoin, pour son alimentation, de dix protéines, à peine 3 sont produites sur le sol européen, le reste étant importé des grandes plaines des Etats-Unis, d'Argentine ou du Brésil. Protéines ? Soja. Qu'on importe, massivement, des Etats-Unis, du Brésil ou de l'Argentine. Où il est OGM.
Je suis ces jours-ci en cours de rédaction du rapport final de diagnostic. En gros, où en est la région de sa soja-dépendance ? Comment la réduire, quelles sont les pistes d'action pour une agriculture plus autonome ? C'est d'autant plus urgent, et c'est l'objet de ce post, que l'expansion du soja (poussée par les modes de production agricole - très intensifs, mais aussi les modes consommation alimentaire - très carnés) se paie, là-bas, de violations quotidiennes des droits de l'homme et de dégâts environnementaux et sanitaires considérables.
Au hasard de mes recherches, j'ai visionné ces deux petits films (en anglais) réalisés par Greenpeace (et piochés sur YouTube). En cliquant sur les photos, vous pourrez les voir. En haut à droite, un exemple de la manière dont l'agro-business traite la contestation, là où la loi est celle du plus fort : les activistes de Greenpeace copieusement cognés par les gros bras de Cargill, l'une des multinationales du soja et de l'alimentation animale. Ci-contre à gauche, le point en images sur la destruction de l'Amazonie par la route du soja... ![]()
16:45 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, environnement, politique, écologie, greenpeace










Les commentaires sont fermés.